J’ai du mal à croire l’annonce du taxi d’hier. Il parlait d’un point d’eau sur notre route, quelques kilomètres plus loin que notre Puente Romano de cette nuit.
Après le petit déjeuner, un peu plus d’un litre chacun pour la dernière journée de marche en duo. Peu mais suffisant s’il faut pousser jusqu’à Martos. On opte pour un rationnement doux et de fréquentes mises à l’ombre.
Sage décision, il n’y a pas une goutte d’eau à l’ancienne gare de Vado Jaen, à peine quelques souvenirs du rail.
Notre itinéraire se fait moins sauvage, entre autoroute et départementale. L’entonnoir se resserre, les chemins mènent à Jaen, la grande ville de cette région dépeuplée.
Encore deux beaux viaducs avant d’apercevoir le rocher de Martos, gigantesque caillou veillant sur la ville.
Il est temps pour le crapaud mort de retrouver sa vie de crapaud mort. Sébastien le remet finalement sur la voie. Il n’avait finalement pas fini sa phase de momification. On a juste dérangé les insectes qui finissaient le travail.
La fontaine tant convoitée n’est plus qu’à quelques pas, au nord du bled. On a vite avancé. J’ai dû beaucoup rêver aussi. La journée a défilé, les aiguilles se sont arrêtées. C’est ce que je me dis en arrivant à l’abreuvoir avec encore un demi-litre d’eau dans la main.
En m’aspergeant le visage de cette eau bénite, je réalise qu’on est dimanche. Et je me dis juste que ma tête a respecté le jour chômé, me dispensant du temps qui passe.
Pour la nuitée, on retournera sur nos pas. Une dernière nuit en amoureux de la nature.
Au milieu des arbres qui donnent le fruit de l’huile qui nomme notre route et nourrit notre croûte.
Sainte Will d’Olive, priez pour nous, pauvres pèlerins.






