Mon compagnon de route s’en retourne aujourd’hui pour Bruxelles et je le remercie une fois de plus d’avoir eu cette brillante idée que de venir partager quelques kilomètres sur la voie verte de l’huile d’olive.
On lève le camp bien plus tôt qu’à l’accoutumée, le rendez-vous est pris avec le taxi qui l’emmènera à Jaen, capitale de la province. Ensuite, un bus pour Malaga, puis un avion vers Charleroi.
Nous avons largement le temps d’un sérieux petit déjeuner et c’est un déluge de tostadas qui s’abat sur nous. Le niveau d’huile est fait.
Puis le taxi arrive et c’est le moment des adios.
Je continue mon chemin le cœur léger, l’estomac plein, la tête aussi, de souvenirs qui s’annoncent déjà impérissables.
Je mange la bonne douzaine de kilomètres qui me séparent de Torredelcampo sans pause déjeuner. J’y arrive tôt et file dans l’appart que j’ai loué. Roberta me donne la main pour hisser la charrette jusqu’au deuxième étage. Sur ses conseils, je pars me retaper au « Cojo de las Muletas » Tradition andalouse, des tapas grasses accompagnent toujours la boisson. Il me faudra donc quatre bières pour faire un repas complet mais sans l’ombre d’un légume comme souvent.
Je regagne l’écurie du jour. Mes yeux tardent à faire la mise au point. Ma démarche se fait hasardeuse.
Je souris en pensant tendrement à mon pote farfelu, fraîchement reparti vers le monde sans oliviers du Brabant wallon.
Encore deux jours de marche jusqu’à la plaine du Guadalquivir.
Une matinée en plus à le longer jusqu’à Andùjar, sous l’oeil bienveillant de la Virgen de la Cabeza, patronne de la ville, et ce sera la fin de cette promenade printanière.
