Zuheros

C’est toujours un nouveau départ quand on change d’équipage. Un nouveau chargement, un nouveau Tétris. Également un nouveau rayon pour ma roue qui était revenue de chez Yoni sans je ne sois au courant.

C’est aussi un nouveau voyage. Le chemin en binôme est bien différent d’une expédition solitaire. Partager une émotion n’a pas d’égal, même si en solo, elle n’est  pas moins forte. Notre aventure est lancée !! Et je ne suis pas peu fier d’emmener un architecte sur une ancienne voie ferrée, ponctuée de vestiges d’anciennes gares ou arrêts mais aussi de viaducs qui nous promettent quelques vertiges. Ce qu’on appelle des ouvrages.

Sur les côtés, la végétation est dense. Pas de produits et peu d’élagage garantissent une vraie diversité, qu’elle soit florale ou animale. Les espèces botaniques présentes traduisent malgré tout un sol pauvre ou plutôt un sol appauvri par tant de faveurs pour l’olivier. Les coquelicots, en nombre, en sont un parfait exemple. La nature n’aime pas les monopoles, c’est la diversité qui lui garantit sa vigueur. D’un point de vue humain, sûrement que cette diversité entretient la fertilité d’une civilisation. On peut même aussi l’entendre d’un point de vue économique. 

Sébastien fait aujourd’hui connaissance avec le soleil andalou. Il fait également connaissance avec cette nouvelle Carrossa qu’il pilotera avec talent toute la journée.

En restant à l’arrière, je vois la couleur de ses mollets gravir les échelons du nuancier Pentone. Parasol chinois et crème solaire comme antidote. Sans oublier l’aménagement de la pause méridienne qui nécessitera chaque jour entre deux et trois heures.

Zuheros est la destination du jour. La terrasse panoramique d’un appartement nous attend pour la fin de journée. Juste avant de bifurquer pour le beau village blanc, nous nous accordons un rafraîchissement à Doña Mencia le long de la voie verte.

L’ergonomie du pueblo de Zuheros est idéale. Adossé à la montagne, face au soleil couchant.

Mais c’est une vitrine touristique. On y parle anglais, ce qui est rare en Andalousie.

Pas de bistro pour les locaux, ce qui est rare aussi. A neuf heures du soir, plus personne dans la rue, encore plus rare mais ce qui nous permet de profiter pleinement de la place du Castillo, chouette spot.

Rien n’a bougé depuis 2012, où nous avions fait étape. D’ici 2076, je ne vois d’ailleurs pas vraiment ce qui pourrait vraiment changer.

Ce qui a changé, c’est le nombre de logements à louer. Le raz de marée de la célèbre plateforme sur l’hôtellerie a changé la donne pour le tourisme en général.

Nous ne rencontrerons pas notre hôte d’aujourd’hui. Nous ne rencontrerons d’ailleurs pas grand monde dans de magnifiques ruelles quasi-vides. Quelques phrases à l’épicier voilà tout. Nous nous régalons des œufs qui tombent sur son chorizo frit. Aussi de cette terrasse à la vue imprenable.

La frontière entre la tranquillité et l’anonymat est bien poreuse.